ICHE SP11 - PAS D’EMBARGO SUR LA VIE ET LA FAMILLE !



Le débat bioéthique français sur la vie et la famille aura lieu à l’automne 2018. Il a été préparé par une consultation, achevée fin avril. Ce ne sera pas un referendum, alors que peut-être le choix démocratique à ce sujet aurait eu son importance. Notre proposition est de vous aider, abonnés et lecteurs, à apprécier toutes ces questions sur la vie comme étroitement liées aux personnes de nos familles : enfants à naître comme personnes âgées dans leur fragilité et leur dignité. Notre évêque, Mgr Jacques BENOIT-GONNIN, approuve ce texte.



Non à la PMA élargie !

Avec l’usage des avancées de la biologie, on peut arriver à certaines dérives. En 2017, le candidat Macron a inséré dans son programme électoral l’élargissement de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) aux femmes seules ou homosexuelles.

En ce printemps 2018, le Président de la République annonce pour l’automne une révision de la loi de bioéthique sur ce sujet. Il lance un débat bioéthique national avec comme maître d’œuvre le Comité Consultatif National d’Ethique, dont les membres sont nommés par le Gouvernement. Ce Comité a déjà pris position pour l’élargissement de la PMA. Alors, il y a beaucoup à penser que la loi légalise la PMA pour les femmes seules ou homosexuelles.

 

Une femme très avertie de cette loi bioéthique et par ailleurs, mère et grand-mère, se pose la question fondamentale Cette loi en son élargissement est-elle réellement éthique ? Elle prend justement comme exemple de sa réflexion, cet aspect précis de la procréation médicalement assistée sans père connu et reconnu. Pour penser juste en ce domaine, il est important d’être conscient et d’affirmer : l’enfant a le droit d’avoir un papa connu et reconnu.

Enjeu éthique très clair

Quand il est porté par un projet de couple humain où deux personnes de sexe différent se concertent pour appeler et attendre la vie et l’accueillir, le recours à l’aide médicale peut être important, même s’il pose quelques questions éthiques de fond. Ce qui en fait la valeur éthique, c’est le cadre de l’appel à la vie dont les parents, homme et femme, sont porteurs, afin de faciliter la rencontre nécessaire des éléments que chacun apporte pour l’éclosion de ce don de la Vie. Ils accueillent ensuite une personne déjà immédiatement porteuse de droits imprescriptibles : pour cet enfant, droit de naître pour lui-même, et ensuite de recevoir tout ce qui lui permet de s’épanouir. Jamais, il ne leur viendra l’idée de fabriquer l’enfant.

Pour les autres destinataires, femme seule ou femmes en couple, à qui on veut offrir cette assistance dite élargie, on gomme justement ce qui est au cœur de ce mystère de la vie humainement accueillie et transmise : la procréation. Le subterfuge, c’est d’aller puiser un matériau vivant humain, extérieur et anonyme, pour fabriquer ou faire un enfant, parce qu’une ou deux femmes éprouvent un désir irrépressible fort d’enfant. On voit bien que ce qui est premier, c’est le droit à l’enfant et non le droit de l’enfant dont la vie est portée par une paternité et maternité complémentaires dont tout son être est en attente de connaissance et de reconnaissance.


Une anecdote qui en dit long !

Un jour, j’étais au restaurant avec une jeune personne amie. Entrent à leur tour, deux adultes et deux enfants. Ils s’installent. Tout d’un coup, un des enfants entend un perroquet qui fait d’ailleurs l’attraction du public, et surtout des enfants. On entend alors l’enfant crier : Papa, viens avec moi voir le perroquet. Un des adultes se lève et accompagne les deux enfants. La jeune femme amie me dit : Tu vois ! le Papa c’est une femme, car ces deux adultes sont des femmes.

Action possible

Des personnes et des groupes de réflexion ont fait connaître le point de vue humaniste et chrétien de l’Eglise. Ce serait pour le Messager une bonne récompense de savoir que des groupes et de réflexion partagent les réflexions de cet article.

Notre participation peut aussi prendre la forme d’une démarche plus spirituelle, celle de la prière, pour que des réflexions et des orientations soient ainsi bien menées et partagées auprès des membres du Comité National d’Ethique.



Non, à l’eugénisme !

L’eugénisme est aussi un sujet de débats au cœur des questions de bioéthique. Là, on veut garantir à l’enfant toutes les chances de réussite sociale en s’assurant qu’il aura les meilleures références de performance, d’efficacité et de sécurité dès sa naissance et pour toute sa vie.

Grâce aux nouvelles techniques on se dit que l’on peut préparer une sélection pour avoir un enfant parfait, sans aucun handicap, aucune maladie. On agit sur son patrimoine génétique corrigeant toutes les anomalies qui peuvent être là liées à ses parents, et même on cherche à agir positivement sur des éléments reconnus liés à telle ou telle chance de développement corporel ou cérébral.



Non à l’euthanasie !

On propose de nouvelles dispositions concernant l’euthanasie. Mais elles font craindre les risques d’accroître la vulnérabilité des personnes malades en suivant des évolutions législatives permanentes. Celles-ci pourront être utilisées à temps et à contre-temps, et pour quel respect des personnes fragilisées ? Nous pouvons là encore craindre l’utilisation d’une sorte d’arsenal à disposition pour faire n’importe quoi avec le corps du malade ou de la personne en fin de vie.

 

Cependant, l’autre démarche déjà bien ancrée dans la pratique est celle du développement des soins palliatifs. Il est tout à fait possible de soulager et d’accompagner les personnes dans leurs derniers moments de vie, avec des valeurs professionnelles des soins bien reconnues ? Le journal La Croix s’en fait l’écho comme porteuses de valeurs d’humanité, d’attention et de sollicitude envers les personnes qui souffrent et ceux qui les entourent, de respect du déroulement de la vie en préservant sa qualité jusqu’à la fin… Ces valeurs du soin et du non-abandon fondent le mouvement des soins palliatifs qui considère la mort comme un processus naturel et non comme le résultat d’un geste volontaire (La Croix 05/03/2018).

Le principe d’indisponibilité du corps

Depuis 1994, c’est l’un des principes fondamentaux des lois de bioéthique en France. Il est utile de l’évoquer pour toutes ces réalités dites de recherches et de nouvelles techniques qui touchent la procréation, les recherches sur les embryons et leur utilisation. L’indisponibilité du corps de toute personne humaine, c’est le fait que je ne peux pas faire n’importe quoi avec mon corps ou avec le corps d’autrui. Cela est un droit imprescriptible de toute personne et garantit le respect de sa dignité.

La parole des évêques de France

A Lourdes, ils ont rappelé deux valeurs au cœur de ces débats de bioéthique. La première est le respect de la dignité de tout être humain, qui ne dépend ni de la fragilité de sa vie commençante, ni de la faiblesse de son existante finissante. La seconde est celle de la solidarité qui unit les hommes entre eux, et notamment au plus près dans les relations familiales, car de fait nous sommes des êtres humains confiés les uns aux autres du tout début jusqu’à la fin naturelle de notre existence terrestre (La Croix du 21 mars 2018).

Conclusion

Ce petit article touche à des aspects importants confiés à notre réflexion et à l’une ou l’autre démarche possible, comme d’en échanger en famille ou avec des amis.

Nous sommes invités à faire très clairement nôtre cette remarque de l’Archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit : Le premier des Français nous a encouragés à être nous-mêmes et à profiter de notre liberté, quitte à nous trouver en décalage avec une société à laquelle il convient de poser des questions ? A nous aussi de jouer, en manifestant notre liberté de conscience et de parole !

P. Albert Perrier, Spiritain

Contacts

  • Pour le site du Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) : https://étatsgenerauxdelabioethique.fr en vue de suivre les réflexions.

  • Pour le texte de Mme Marie-Thérèse HERMANGE – Fraternité Notre-Dame de la Résurrection- 68 rue des Plantes – 75014- Paris (Tél : 01 43 29 67 21 – Mail : ndr.veuves@wanadoo.fr avec mention : demande de le recevoir en lien avec le Messager 347 de juillet 2018.

  • Cet article paraît dans le bulletin de l’Archiconfrérie Saint-Joseph de Beauvais, Le Messager de Saint-Joseph, p. 7-10. Contact : Secrétariat : 56 rue de la Madeleine – 60000 BEAUVAIS. Tél : (00 33) (0)3 44 84 51 57



  • Photos :

Nazareth et la Sainte Famille – Peinture sur bois du Mexique, d’un ensemble portant attention aux joies et douleurs de saint Joseph et de Marie – au cours du Symposium de 2013 à CIUDAD GUZMANN (Mexique) – Références : MEX0013CFRDJ0002 – Poids : 1 méga. Copyright : CFRDJ – A. Perrier

Jérusalem- Présentation au Temple - Peinture sur bois du Mexique – d’un ensemble portant attention aux joies et douleurs de saint Joseph et de Marie – au cours du Symposium de 2013 à CIUDAD GUZMANN (Mexique) – Références : MEX0013CFRDJ0001 – Poids : 1 méga. Copyright : CFRDJ – A. Perrier







 



Merveilles d’une vie de famille

 

Nazareth, là encore, est cité comme le village dont on part et où l’on revient selon les péripéties d’une vie de famille soumise aux aléas de l’histoire. Pour un recensement, on se met en route vers Bethléem, lieu des ancêtres selon David. L’Enfant y naît et ainsi s’insère à son tour dans la lignée comme Fils de David par la filiation légale que lui donne Joseph. Le nom de Jésus est inscrit dans les registres avec celui de Joseph et de Marie. Le Peuple de Dieu attendant le Messie est convié à la rencontre de la Sainte Famille : les bergers, ces pauvres de Yahvé, honorent l’invitation et chantent les louanges de Dieu (Luc 2, 20).

 

Lorsque que des pèlerins chercheurs de Dieu se présentent à Jérusalem, on relit les prophéties concernant Bethléem. Eux aussi éprouvent une très grande joie de se trouver auprès de l’Enfant et Marie, sa mère (Mt 2, 10). Mais il en va autrement d’Hérode, ce qui provoque l’exil en Egypte, et le retour volontairement et prudemment choisi à Nazareth. Joseph en décide après lumière reçue de Dieu.

 

Les allers-retours de Nazareth à Jérusalem sont ensuite notés pour la présentation de Jésus au Temple, pour des pèlerinages annuels à l’occasion de la fête de la Pâque (v.41) et pour son premier pèlerinage de juif-adulte dans sa foi (v.42). Il y a là, en deux moments particuliers, la conscience vive de Marie et Joseph, nommés très clairement comme parents (Lc 2, 27, 33, 48). On dit d’eux : ils sont émerveillés de ce qu’on disait de Jésus (v.33).

 

Merveilles d’un cheminement auprès de Jésus

 

Pour tous les retours de la Sainte Famille à Nazareth, il y a une remarque utile à la compréhension du mystère de Jésus. J’y vois une appréciation profonde de Nazareth comme lieu de vocation familiale d’humanité pour Jésus (thème de l’intervention au Symposium).

 

Quand Joseph décide de s’établir à Nazareth, au retour d’Egypte, Matthieu souligne : C’est pour que s’accomplisse ce qui avait été dit par les prophètes : Il sera appelé Nazôréen ou celui de Nazareth (Mt 2, 23). C’est lui qui note encore que les foules disent de lui : C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée.

 

Pour rendre compte d’une réalité toute familiale de croissance de l’Enfant, Luc dit : ils retournèrent dans leur ville de Nazareth (2, 39) et Jésus descendit avec eux à Nazareth et il leur était soumis (2, 51). Et il ajoute : Quant à l’Enfant, il grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la faveur de Dieu était sur lui (v.40 et 52). Jésus est aussi le fils du charpentier, du métier de son père.

 

Pour approcher le cheminement de Marie et Joseph qui entrent peu à peu dans le mystère de leur Enfant, Luc note à la fois l’émerveillement, une réflexion ouverte, même au cœur d’une certaine incompréhension momentanée (Lc 2, 10, 33, 50). Ils cheminent dans l’accueil de son mystère, comme pour tout enfant reçu de Dieu et confié à une patiente éducation, et bien longtemps : trente ans.

 

De ces trente années, on dit que c’est le temps de la vie de Nazareth. On peut y voir le temps de la maturité en humanité pour Jésus. Ce n’est pas forcer le trait, mais rendre compte d’un cheminement qu’Il a reconnu utile, précieux et merveilleux en son Incarnation, présence aux hommes à la manière très humaine d’une famille, et hautement Sainte Famille pour le mystère qu’elle a assumé.

 

Conclusion

 

Le reste du titre de l’intervention : vocation familiale d’humanité pour Jésus et pour nous. Il m’a été donné de fréquenter cette Sainte Famille, de la présenter du point de vue de Joseph dans le livre Joseph le respectueux. J’en témoigne : la trouver auprès de toute famille comme bonne fréquentation, c’est merveilleux !

 

Cela se fait à partir des Écritures et des réflexions récentes des Papes qui ont visité la Palestine, notamment Bethléem et Nazareth. Ils ont reçu, disent-ils, une leçon de cette vie familiale à Nazareth : silence, travail, éducation, vie de foi et de charité. Vous en avez habituellement des échos dans le Messager. Il est merveilleux d’y porter attention et d’en témoigner.

 

Père Albert Perrier, spiritain

Président du CFRDJ

 

Photos

Crèche et Sainte Famille en paille de riz par Marie-Claire BATT. FR12CFRDJ0003. Copyright : CFRDJ – Marie-Claire BATT.

 

 

Vitrail central de l’abside : Nazareth – 22 avril 1897- Eglise Saint-Christophe de CHAMPLITTE. FR FR12CFRDJ0017 -Copyright : CFRDJ –Tranvouez

Note

 

Ce texte paraît en partie dans le MESSAGER, Bulletin de l’Archiconfrérie Saint-Joseph de Beauvais, en septembre 2017 – pages 7-9. Contact : Secrétariat - 56 rue de la Madeleine -60000 BEAUVAIS. Téléphone : 03 44 84 51 57-E-mail : contact@saintjoseph-beauvais.org

PROJET GLOBAL

Pour le 12ème Symposium international de septembre 2017, je présente une réflexion sur : Nazareth, lieu familial d’humanité pour Jésus et pour nous. C’est ainsi que Nazareth et la vie de la Sainte Famille à Nazareth ont été reconnus, contemplés, proposés à l’imitation. Je retiendrai les visiteurs ou hôtes de Nazareth qui ont eu à cœur cette dévotion. Nous en tirerons des pistes d’enseignement et d’attitudes pratiques pour la vie de famille éducatrice de toutes les personnes qui y vivent des expériences d’humanité et commencent à les épanouir. Dans la mémoire profonde, on se souvient de ces chances des commencements, et on en est reconnaissant.



PROJET DE CETTE PREMIERE FICHE

Nous restons très proches des récits de l’Enfance en Mathieu et Luc. Ce dernier communie à l’émerveillement de Marie dont il sait souligner qu’il habite le cœur de Marie. Dans son cantique d’action de grâces, Marie parle des grandes choses que Dieu a faites pour elle (Luc 1, 49). Je les appelle les Merveilles de Nazareth.

Cette fiche rassemble les éléments fondamentaux des expériences personnelles et familiales de la vie à Nazareth. C’est un parti-pris de mémoire contemplative selon les Ecritures, dont on est heureux de recevoir grâce d’accueil et encouragement dans des moments de vies de couples et de familles.

 

 

CONTEMPLATION

 

 

« Merveille de beauté »

 

C’est le titre d’un chant du P. Lucien DEISS pour rendre hommage à Marie. Il souligne en quelques strophes les dons qui lui sont faits : son Immaculée-Conception la préparant pleinement à l’accueil de Jésus, son Oui lorsqu’elle est invitée par l’Ange Gabriel à le dire ; ce don unique d’être la Mère de Dieu par l’œuvre de l’Esprit Saint en elle et sa conception virginale. La beauté spirituelle est celle de la sainteté dont Dieu-Père l’a ainsi comblée pour nous donner pour son Fils Jésus.

 

Merveilles des fiançailles de Marie et Joseph

 

Nazareth est nommé quand Matthieu et Luc présentent les deux fiancés, Marie et Joseph. Leurs maisons familiales respectives sont assez proches l’une de l’autre, comme on le sait aujourd’hui, avec la Basilique de l’Annonciation pour Marie, et la Maison du Juste pour Joseph selon les fouilles récentes qui l’ont mise à jour. Fort heureusement, l’Association Marie de Nazareth a créé un Centre où l’on propose aux pèlerins de Terre Sainte de s’ouvrir à la compréhension profonde de ces opportunités.

 

Les deux Annonciations du mystère de Jésus, l’une faite à Marie selon Luc et l’autre à Joseph selon Matthieu, les ouvrent à leur réalité de couple dont Dieu n’a pas voulu qu’ils l’oublient, même si l’un et l’autre ont à s’entraider à le vivre autrement que prévu. Ainsi ils s’accueillent comme merveilleusement accordés au mystère de Jésus lorsque Joseph prend Marie, comme épouse et la Mère de l’Enfant-Dieu.

 

Là encore la beauté spirituelle est celle dont Dieu-Père les gratifie pour qu’ils soient auprès de son Fils Jésus, une Sainte Famille.

 

 

Merveilles d’une vie de famille

 

Nazareth, là encore, est cité comme le village dont on part et où l’on revient selon les péripéties d’une vie de famille soumise aux aléas de l’histoire. Pour un recensement, on se met en route vers Bethléem, lieu des ancêtres selon David. L’Enfant y naît et ainsi s’insère à son tour dans la lignée comme Fils de David par la filiation légale que lui donne Joseph. Le nom de Jésus est inscrit dans les registres avec celui de Joseph et de Marie. Le Peuple de Dieu attendant le Messie est convié à la rencontre de la Sainte Famille : les bergers, ces pauvres de Yahvé, honorent l’invitation et chantent les louanges de Dieu (Luc 2, 20).

 

Lorsque que des pèlerins chercheurs de Dieu se présentent à Jérusalem, on relit les prophéties concernant Bethléem. Eux aussi éprouvent une très grande joie de se trouver auprès de l’Enfant et Marie, sa mère (Mt 2, 10). Mais il en va autrement d’Hérode, ce qui provoque l’exil en Egypte, et le retour volontairement et prudemment choisi à Nazareth. Joseph en décide après lumière reçue de Dieu.

 

Les allers-retours de Nazareth à Jérusalem sont ensuite notés pour la présentation de Jésus au Temple, pour des pèlerinages annuels à l’occasion de la fête de la Pâque (v.41) et pour son premier pèlerinage de juif-adulte dans sa foi (v.42). Il y a là, en deux moments particuliers, la conscience vive de Marie et Joseph, nommés très clairement comme parents (Lc 2, 27, 33, 48). On dit d’eux : ils sont émerveillés de ce qu’on disait de Jésus (v.33).

 

Merveilles d’un cheminement auprès de Jésus

 

Pour tous les retours de la Sainte Famille à Nazareth, il y a une remarque utile à la compréhension du mystère de Jésus. J’y vois une appréciation profonde de Nazareth comme lieu de vocation familiale d’humanité pour Jésus (thème de l’intervention au Symposium).

 

Quand Joseph décide de s’établir à Nazareth, au retour d’Egypte, Matthieu souligne : C’est pour que s’accomplisse ce qui avait été dit par les prophètes : Il sera appelé Nazôréen ou celui de Nazareth (Mt 2, 23). C’est lui qui note encore que les foules disent de lui : C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée.

 

Pour rendre compte d’une réalité toute familiale de croissance de l’Enfant, Luc dit : ils retournèrent dans leur ville de Nazareth (2, 39) et Jésus descendit avec eux à Nazareth et il leur était soumis (2, 51). Et il ajoute : Quant à l’Enfant, il grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la faveur de Dieu était sur lui (v.40 et 52). Jésus est aussi le fils du charpentier, du métier de son père.

 

Pour approcher le cheminement de Marie et Joseph qui entrent peu à peu dans le mystère de leur Enfant, Luc note à la fois l’émerveillement, une réflexion ouverte, même au cœur d’une certaine incompréhension momentanée (Lc 2, 10, 33, 50). Ils cheminent dans l’accueil de son mystère, comme pour tout enfant reçu de Dieu et confié à une patiente éducation, et bien longtemps : trente ans.

 

De ces trente années, on dit que c’est le temps de la vie de Nazareth. On peut y voir le temps de la maturité en humanité pour Jésus. Ce n’est pas forcer le trait, mais rendre compte d’un cheminement qu’Il a reconnu utile, précieux et merveilleux en son Incarnation, présence aux hommes à la manière très humaine d’une famille, et hautement Sainte Famille pour le mystère qu’elle a assumé.

 

Conclusion

 

Le reste du titre de l’intervention : vocation familiale d’humanité pour Jésus et pour nous. Il m’a été donné de fréquenter cette Sainte Famille, de la présenter du point de vue de Joseph dans le livre Joseph le respectueux. J’en témoigne : la trouver auprès de toute famille comme bonne fréquentation, c’est merveilleux !

 

Cela se fait à partir des Écritures et des réflexions récentes des Papes qui ont visité la Palestine, notamment Bethléem et Nazareth. Ils ont reçu, disent-ils, une leçon de cette vie familiale à Nazareth : silence, travail, éducation, vie de foi et de charité. Vous en avez habituellement des échos dans le Messager. Il est merveilleux d’y porter attention et d’en témoigner.

 

Père Albert Perrier, spiritain

Président du CFRDJ

 

Photos

Crèche et Sainte Famille en paille de riz par Marie-Claire BATT. FR12CFRDJ0003. Copyright : CFRDJ – Marie-Claire BATT.

 

 

Vitrail central de l’abside : Nazareth – 22 avril 1897- Eglise Saint-Christophe de CHAMPLITTE. FR FR12CFRDJ0017 -Copyright : CFRDJ –Tranvouez

Note

 

Ce texte paraît en partie dans le MESSAGER, Bulletin de l’Archiconfrérie Saint-Joseph de Beauvais, en septembre 2017 – pages 7-9. Contact : Secrétariat - 56 rue de la Madeleine -60000 BEAUVAIS. Téléphone : 03 44 84 51 57-E-mail : contact@saintjoseph-beauvais.org

FICHE SP09 - L’enfant comme mystère sur lequel on veille par P. Albert Perrier



 

Introduction : L’Enfant de Bethléem

l me semble important de lire les récits de l’Enfance de Jésus sous cet aspect de l’Enfant de Bethléem. Nous apprécions le lieu de référence de notre naissance. Il est souvent familial depuis longtemps. Occasionnel aussi, soulignant que nos parents étaient déjà en situation de mobilité pour leurs engagements et leur travail.

 

Marie et Joseph, montés de Bethléem à Nazareth, reviennent pour le temps d’un recensement, à la terre des ancêtres, notamment de David. Jésus est l’enfant né à Bethléem : l’Enfant de Bethléem. Il y sera visité par les bergers et les sages venus de loin selon une double référence. Selon Luc, pour les bergers : Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur … Ils y allèrent ! Selon Matthieu : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le plus petit des chefs-lieux de Juda : car c’est de toi que sortira le chef qui fera paître Israël, mon peuple. Ils se mirent en route !

 

Pour cette année nouvelle 2017, je suggère que nous soyons attentifs à évoquer, lors de nos anniversaires, non seulement la date, mais le lieu de notre naissance. Nous y trouverons des indications précieuses pour nos personnes afin de nous situer et de nous pacifier, en cet accueil inédit peut-être.

 

 

  1. L’enfant comme mystère sur lequel on veille demande une approche spirituelle

 

L’approche spirituelle d’un mystère convient éminemment, lorsqu’il s’agit d’une personne à l’image et à la ressemblance de son créateur révélant en cela son amour, et donnant mission au couple humain d’y collaborer. L’enfant reste le premier et plus beau mystère qui soit donné au couple, à la famille, à la société et, pour nous, à l’Eglise. A ce premier volet, il est aussi permis et utile de parler d’autres approches de notre société sécularisée et individualiste.

 

Lorsque l’enfant paraît, un mystère est donné à accueillir

 

  • Le dialogue, après une attente silencieuse dans le couple, porte sur le premier signe que l’épouse seul peut donner : Je suis enceinte. Alors c’est : Nous avons conçu !

 

  • Les semaines et les mois vont manifester les attentions qui sont portées ensemble par les parents et qui sont de l’ordre de la reconnaissance de cette personne pour qui un ou des prénoms sont chuchotés. Il y a sûrement des rêves, des espoirs, des projets dans les cœurs et les échanges. La personnalité de celui qui va naître peut même se préciser, car il peut être homme ou femme et ainsi sera l’aîné ou l’ainée, ou deviendra frère et sœur de la fratrie. Cette attente sera alors élargie et partagée.

 

  • L’anecdote suivante en dit long sur ce mystère à accueillir. Je me trouvais au Sanctuaire Saint-Joseph d’Allex avec une jeune maman accompagnée de ses parents. Elle venait de lire dans la chapelle de la Sainte Famille que Jésus grandissait devant Dieu et ses parents, Marie et Joseph, en âge, taille et sagesse. Elle éclate en sanglots et proclame : Mon petit Didier sera comme ça ! Les parents ne s’attendaient pas à cette révélation et en furent tout autant très émus.

 

  • Les maternités connaissent les attentes de l’enfant qui va s’ouvrir à la vie tout près de Maman et dans les bras de Papa.

 

  • La reconnaissance de l’état civil fixe la date et le lieu de naissance qui identifiera l’enfant tout au long de sa vie, et donnera évidemment la filiation clairement manifestée de celui et de celle qui ont voulu, aimé et porté le mystère de leur enfant accueilli.

 

  • La démarche religieuse du baptême, démarche authentiquement chrétienne en sa source et en sa tradition, porte la reconnaissance la plus accomplie de l’enfant ramené à son mystère premier, né de l’amour de Dieu, et s’y épanouissant comme ses parents qui ont reçu leur propre mystère de la même source créatrice.

 

Les devoirs des parents, des éducateurs et de la société sont corrélatifs aux droits imprescriptibles de l’enfant

 

Après les évocations affectives autour de l’enfant, les engagements d’une maternité et d’une paternité responsables permettent aux parents d’accomplir leurs devoirs respectifs. Ils assurent ainsi sa croissance et sa santé ; puis les accents d’une première éducation familiale le situant dans des relations justes, patiemment suggérées et comprises des uns et des autres ; enfin toutes les démarches d’ouverture et de compréhension, entreprises à l’école et dans l’environnement social plus large.

 

 

On parle volontiers d’une double autorité complémentaire, c’est-à-dire des accents particuliers qui font grandir et s’épanouir l’enfant lorsque la Maman propose discrètement son autorité spirituelle et lorsque le Papa exerce son autorité de gouvernement. La première aide l’enfant à l’écoute, le silence, l’intériorité. La seconde met en place des références utiles de civisme, de travail, d’exigences personnelles ou de maitrise de soi, de paroles données et tenues, de projets d’avenir préparés et construits.

 

Le P. Yannik Bonnet écrit : Ce qui rapproche le plus Joseph d’un patronage des pères éducateurs, c’est qu’il est patron des jeunes époux, car avant d’être un bon père éducateur, il convient d’être un bon époux. L’amour mutuel des époux, le partage qu’ils font entre autorité de gouvernement et autorité spirituelle, celle qui se passe de pouvoirs, leur nécessaire complicité, si bien exprimée par Marie : Ton père et moi te cherchions tout angoissés. Tou cela favorise l’émergence d’une bonne éducation familiale. Les pages 61 à 63 du livre Joseph le respectueux sont à relire et méditer à partir des exemples de Marie et de Joseph auprès de Jésus en son humanité.

 

 

 

 

  1. Les dérives des approches sécularisées et individualistes

 

Pour bien situer ces quelques réflexions, il est bon de rappeler qu’elles se trouvent au cœur des comités d’éthiques sur ces questions des droits imprescriptibles de l’enfant. Cela veut dire qu’ils sont fondamentaux et ne souffrent pas d’aménagement, surtout lorsqu’on veut les mettre en une sorte de concurrence : droit à l’enfant, entendez pour les adultes et droits de l’enfant lui-même.

 

Pour la France, les comités éthiques réservent par exemple la PMA (Procréation médicalement assistée) aux seuls couples hétérogènes, car il s’agit bien d’entrer dans le choix de la maternité et paternité responsables, rendues possibles de cette façon. La filiation est clairement manifestée et reconnaissable. C’est bien là un droit imprescriptible de l’enfant.

 

Ainsi la PMA n’est pas autorisée pour un couple homogène féminin qui voudrait avoir accès à l’insémination d’un embryon, et ainsi de réaliser son droit à l’enfant. On peut parler même de quasi mère porteuse au sein de ce couple. C’est une dérive qui touche à la possibilité réelle pour l’enfant d’avoir accès à la connaissance et reconnaissance de sa filiation. C’est une quasi impossibilité d’avoir accès à sa propre filiation.

 

La GPA (Gestation pour autrui) fait aussi l’objet de restriction des comtés d’éthiques. Là, les dérives apparaissent cumulées, car il y a à la fois insémination d’un embryon, tout aussi inconnu, et le recours fictif à l’adoption. La vraie adoption ne gomme pas la connaissance et reconnaissance de la filiation réelle de l’enfant adopté, car la filiation réelle est manifeste dès le début de la procédure et ouvre à la possibilité de la reconnaissance, quand l’intéressé le souhaitera. Dans le cas de la GPA, c’est cette impossibilité de reconnaissance qui prive l’enfant de ce droit imprescriptible ; et toujours pour la même revendication individualiste du droit à l’enfant.

 

Il est clair que ces approches sécularisées et individualistes sont au cœur de revendications très actuelles. Elles procèdent du mythe promothéen de se construire soi-même, de se donner ses propres références, autonomes. Le projet interpersonnel fondamental de nos relations en est complètement bousculé. S’en suivent aussi dans l’éducation d’autres accents aussi individualistes et sans référence à des valeurs reconnues et transmises.

 

Il y a ainsi les antinomies clairement affichées qui opposent des convictions du sens commun à des idéologies d’actualité savamment orchestrées : identité sexuelle reconnue à théorie du genre où l’on se définit à soi-même son identité en ce domaine ; réalités stables de la famille à celles que l’on se donne justement dans ces réalités de couples homogènes où on s’installe ; valeur de la filiation personnelle reçue des liens de parenté à l’absence de filiation assumée dans le droit à l’enfant et contre ce droit fondamental d’humanité de savoir qui nous a engendré et de pouvoir en être assuré.

 

En conclusion

 

Le premier volet abordé en ces réflexions donne la mesure de l’attention, imprescriptible elle-même, portée à la vérité sur l’enfant et ses droits fondamentaux.

 

Le second volet a présenté quelques aspects des dérives auxquelles sont attentifs les comités d’éthiques, issus de la société civile, c’est-à-dire de personnes qualifiées pouvant en parler en connaissance de cause : couples et parents, médecins, psychologues, juristes, représentants de divers courants spirituels etc…

 

Ce sont des humanistes qui, sur cette question comme sur d’autres qui leur paraissent importantes, nous rappellent à notre devoir de vigilance et de témoignage. Manifestez clairement, nous disent-ils, ce qui est votre approche du mystère de tout enfant en son humanité, sa personnalité, sujet de toutes les attentions propres à cette dignité et absolument irréductible à toute instrumentalisation qui en font un objet dont on peut disposer.

 

Père Albert Perrier, Spiritain

Président du CFRDJ

 

 

SPIRITUALITE

 

FICHE 08 – Exhortation apostolique Amoris laetitia – La joie de l’amour en famille Préface de Mgr Luc VAN LOOY – évêque de Gand (Belgique)

 

 

 

Manifestement, l’exhortation apostolique du pape François veut mettre un terme à la perception d’une Eglise trop sévère quand il s’agit d’amour et de sexualité. Le langage ecclésial s’est trop souvent cantonné dans le registre romantique, sans tenir assez compte du fait que l’amour est un processus, que les jeunes sont appelés à croître vers le mariage, surtout s’ils désirent s’ouvrir au sacrement. Après la bénédiction nuptiale, un grand chemin reste donc à parcourir.

 

 

 

L’Eglise a changé

 

Ce teste est clairement pastoral. Il ne touche pas à la doctrine, son ton est tout différent. On n’a pas changé la doctrine, c’est l’Eglise qui a changé, a pu dire le cardinal Danneels à la fin du synode de 2015. Voilà pourquoi le pape fait appel aux familles, aux pasteurs et aux évêques, afin qu’ils mettent en place des services de qualité, aux niveaux diocésain et paroissial, en vue de l’accompagnement des jeunes couples dans leurs petits et grands problèmes, ou encore dans leurs désillusions.

 

 

 

La démarche de deux années, - les enquêtes auprès du peuple de Dieu et les deux synodes- ne fut donc pas sans importance. Elle a rendu possible cette description, par le pape, du mariage dans toute sa variété et la prise en compte de la diversité des situations. Elle lui a permis de parler de responsabilité des personnes mariées, des accompagnateurs, des prêtres et des évêques.

 

 

 

Le cheminement des personnes

 

Le pape invite à l’accompagnement, au discernement de l’Esprit et à l’intégration. En toute circonstance, chaque chrétien est membre de l’Eglise. Il n’est donc pas excommunié, mais demeure enfant de Dieu. L’Eglise a la charge de prendre soin de chacun. Dans un foyer, chaque enfant est vraiment un enfant, indépendamment de la situation où il se trouve. Ainsi pour Dieu, chaque être humain est son enfant. Dans un très beau chapitre, le pape François développe l’hymne à l’amour de saint Paul (1 Co 13). Il souligne comment l’amour supporte tout, croit tout, espère tout, endure tout. Ici, à partir de l’Ecriture sainte, il dessine un chemin d’intégration totale pour chacun.

 

 

 

La communion pour les divorcés

 

Nous en arrivons ainsi à la difficile question de la communion des divorcés vivant une nouvelle situation familiale. En tout premier lieu, le pape avertit que l’intention n’est pas de porter un jugement, ni de faire un commentaire, mais bien de reconnaître les personnes et de les accompagner. La communion, dit-il, dans la note 351, n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles.

 

 

 

L’homosexualité

 

Quant à la question de l’homosexualité, elle n’a pas été abordée dans ce document, puisqu’elle n’était pas à l’ordre du jour au synode. Les personnes homosexuelles doivent cependant être pleinement respectées et reconnues dans leur situation, sans pour autant que leur contrat ne soit à mettre sur un pied d’égalité avec le mariage entre un homme et une femme (cf n° 250 et 251). Le pape souhaite que la personne, peu importe la situation dans laquelle elle se trouve, soit considérée comme un membre de la communauté. En réponse à l’amour du Christ, l’Eglise est en effet appelée à comprendre et à accompagner chacun en vue d’une pleine intégration.

 

 

 

La préparation des jeunes au mariage

 

Une partie importante du texte est consacré à la préparation des jeunes au mariage. Celle-ci devrait déjà faire partie de la catéchèse. Il n’est en effet pas heureux que les jeunes réduisent l’amour à du romantisme. La réalité est tout autre. C’est pourquoi l’Eglise doit s’efforcer, sur le plan local, de donner une image complète de la signification de cet engagement si important. Trop longtemps, elle a parlé de la sexualité et des relations entre les conjoints de manière problématique. La tendresse, l’hymne à l’amour de saint Paul, la miséricorde et le nécessaire dialogue pour gérer les problèmes et les conflits permettent d’ouvrir le chemin vers une relation sainte et plénière entre les partenaires, sans que les situations de crise ne soient pour autant évitées.

 

 

 

Le pape parle également, et très intimement, de la grossesse et de l’accouchement du premier enfant. Il développe la responsabilité de la mère et du père, mais aussi le lien indispensable avec le tissu social dans lequel se situe le foyer.

 

 

 

 

Des mots de tendresse

 

Qu’il est bon de voir le pape s’adresser directement aux gens : Chers parents, chers fiancés ; Maman Papa.  Il rencontre toute situation et essaie de rejoindre chaque personne. Il parle de manière directe et très concrète : Chers fiancés, ayez le courage d’être différents, ne vous laissez pas dévorer par la société de consommation et de l’apparence (n° 212). Je supplie les parents séparés : Il ne faut jamais, jamais, jamais prendre un enfant comme un otage ! (n° 245).

 

 

 

Approche pastorale

 

Nous pouvons dire que nous sommes devant une approche pastorale. Cette exhortation encourage la croissance en vue d’une intégration concrète dans la communauté, grâce à l’accompagnement des laïcs et des prêtres. Ce texte est ouvert à des situations diverses et aux circonstances atténuantes ; il veut considérer le bien dans la diversité, le nommer et le reconnaître. Les mots d’ordre sont : accompagner en vue de l’intégration, exclure toute exclusion.

 

 

 

Conclusion

 

Nous ne pouvons que remercier le pape François pour ce changement de paradygme, qui ouvre la porte à l’avenir. Ce chemin n’est cependant pas fini. Cette exhortation me semble être un nouveau commencement pour une Eglise qui se fait accueillante à chacun.

 

+ Luc VAN LOOY

 

Évêque de GAND

 

 

 

 

 

 

 

FICHE SP 06 – La vocation de mère de famille – Albert Perrier1


C’est le deuxième volet inspiré de la catéchèse du Pape François, le 15 avril 2015, sur la famille. Nous avons noté que le sens d’une telle vocation unique se trouve dans l’Alliance : celle dans laquelle Dieu a confié la terre à l’alliance de l’homme et de la femme. Il n’y a pas de fondement plus merveilleux, et nous sommes invités à nous en convaincre et à en témoigner.


Aspects de la vocation de mère de famille

Voici des textes de lecture que j’ai particulièrement appréciés. Je les introduis avec certains sous-titres évoqués par leurs auteurs et en donnant les références des noms de ces auteurs en notes.


Dès que la femme paraît : soutien, secours de concert, épouse 2

Sans entrer dans les détails, retenons de Genèse1, 18-24 un seul mot, le mot hébreuezer, un terme traduit malencontreusement par aide, mais que l’on retrouve dans les noms propres : Eliezer ou son abrégé Lazare, ce qui signifie Dieu est mon soutien, mon secours.


Dès que la femme paraît, voici qu’une flamme brille dans les yeux de l’homme ; son être vibre, il est disposé à toute entreprise ; son existence entière est transformée. Il vit ! C’est ainsi qu’est décrit le rôle de la femme auprès de l’homme. C’est elle qui le fait vivre au fond de lui-même. C’est elle qui le sort de sa langueur. C’est elle qui l’anime. Voici exposée en quelques mots sous une image colorée, la vocation de la femme selon la Bible. Elle donne vie à l’homme.


Vision sublime de la Bible : qu’il s’agisse de la famille, qu’il s’agisse de la profession, qu’il s’agisse de la cité, la femme est déclarée l’âme de l’humanité, comme si elle constituait sa force spirituelle. Quelle réflexion extraordinaire peut jaillir de ces principes sur le féminin dans la société ?


La maternité devient première dans la Nouvelle Alliance3

Dans cette lumière, le rôle – ou disons-le : la « mission » – de parents prend une dimension qui dépasse de loin la nécessaire survie ainsi que la perpétuation de l’espèce humaine. Ce qu’il s’agit d’abord de préserver et de mener à sa plénitude, c’est le don de chaque vie humaine, et cette plénitude ne peut qu’être en rapport avec Celui qui a fait ce don de la « vie spirituelle ».

Dans cette perspective, la maternité acquiert une dignité nouvelle Elle devient l’enfantement pour une vie éternelle d’enfants qui ont chacun une valeur unique. Qui mieux que la femme elle-même peut percevoir ce mystère de la vie, d’une vie orientée vers une finalité éternelle ? La femme chrétienne est appelée à être celle qui perçoit cette vie de l’intérieur d’abord parce qu’elle en vit elle-même.


Paul Evdokimov a magnifiquement mis en lumière la place que la femme occupe désormais dans le « plan » de Dieu tel qu’il se déroule dans l’histoire : autant la paternité reçoit la première place dans l’ancienne Alliance, autant la maternité devient première dans la Nouvelle Alliance. Certes, ce retournement se préparait : il fallait la paternité des « saints » de l’histoire hébraïque pour que le sens du mystère émerge. Il se concentre précisément en Jésus.


La femme chrétienne, qui est appelée à porter la vie et à en partager la croissance, devient celle qui en fait toucher le sens, en particulier aux hommes qui ont toujours plus de mal à le percevoir. Et cela même si elle-même n’a pas pu avoir d’enfant ou s’est consacrée à la Source de cette vie pour La servir. On est loin désormais des jeux de pouvoir et de séduction : si la femme est attirante, c’est d’abord en ce qu’elle attire vers ce dont elle témoigne et qui est plus grand qu’elle. En Marie, la féminité se réconcilie totalement avec la maternité.





L’éducatrice de l’amour4

L'homme constate qu'il a bien au coeur le désir d'aimer, conféré par le Créateur, mais qu'il n'a pas de semblable à aimer. Comme dit Jean Paul II, il éprouve une solitude pleine de tristesse. Et c'est de l'intérieur de son propre corps, durant un mystérieux sommeil, que Dieu tire cette merveilleuse épouse, Eve, qui va lui apprendre ce qu'est l'amour conjugal voulu par le Créateur. Tirée de l'intérieur de son époux, Eve et ses descendantes auront cette capacité de voir les personnes au for interne, et son origine en fait l'égale en dignité de son époux.


Elle n'est pas chargée de l'autorité de gouvernement, mais, comme l'exprima merveilleusement Jean Paul II, elle est, et toutes les autres femmes à sa suite, au cœur de l’autorité spirituelle. Au fond, cette autorité est celle de l'amour et qui pourrait nier que la mère, quand elle n'est pas dévoyée par les perverses théories actuelles, tire toute sa force du don total de soi. C'est le paganisme ancien et moderne, qui a favorisé le " machisme ", et la réaction féministe était inéluctable et légitime. Quel dommage qu'elle se soit fourvoyée dans un mimétisme haineux !



1 Ce texte est publié dans le MESSAGER de Saint-Joseph de Beauvais –n° 336 – p. 7-10 – Contact : 56 rue de la Madeleine 60000 BEAUVAIS.

2 Tirer du livre de Le mariage de Marie et de Joseph.

3 Ce texte est du P. Edouard-Marie Gallez en sa causerie du Sympopsium. Il cite lui-même Paul Evdokimow,La femme et le salut du monde, Paris, DDB,1991 (Préface d’Olivier Clément).

4 Extrait de la causerie du P. Yannik Bonnet au Symposium de mars 2015 – dans le Livre des actes du Symposium. 

Ecueils actuels sur le chemin de la mère de famille

La tranquille disponibilité fondamentale de la femme lui est propre, c’est une ressource vitale pour l’humanité, pour la famille et la société. Aujourd’hui, comme dans tous les cas où on maintient les personnes dans la situation et l’état de « victimes» et que l’on en fait une idéologie, on arrive à mettre des écueils qui brouillent tout. J’en relève deux.


Le féminisme

C’est l’attitude devenue idéologique de la défense de la femme et des femmes qui s’y laissent embarquer. Derrière cette bannière et les revendications les plus variées qui s’expriment, on est loin du véritable savoir-être et bien-être de la femme. On peut suivre, depuis un siècle, les manipulations sociétales, médiatiques et politiques qui s’enchaînent sur les droits absolus des femmes. Il y a les campagnes et revendications orchestrées sur le droit à la disposition de leur corps notamment par rapport à la maternité ; celles très récentes du « genre » pour justifier des

droits à la liberté et l’égalité sexuelle ; celles qui justifient le mercantilisme autour du droit à l’enfant, quand elles deviennent mères-porteuses….


On est loin du dialogue serein qui s’instaure aisément, quand on soutient les démarches de réflexion et de comportement éthiques liées à l’Alliance voulue par Dieu pour le bien des époux, des enfants, de la famille et de la société.

L’IVG

L’aspect légal de l’IVG a été voulu par le législateur comme un remède aux avortements clandestins ou une opportunité médicale garantissant la santé des femmes qui veulent y recourir. Il a répondu aussi à un aspect idéologique de protection par rapport à la maternité, avec la conséquence du non-respect du droit de l’enfant à la vie. Le légal ne fait l’attitude morale juste et on prévoit justement la clause de conscience pour le personnel médical ne voulant pas participer à ce geste.


La réflexion sereine de comportements éthiques passe par des entretiens soutenus concernant la responsabilité de la paternité et maternité responsables au sein d’un couple : bien-être des enfants nés et à naître au sein d’une famille, bien-être de l’épouse particulièrement concernée par sa maternité. Tous les éléments éthiques du sens de la vie et de son respect absolu sont à peser et à prendre en compte auprès de personnes bonnes conseillères en ces domaines.



Démarche spirituelle pour cette vocation de mère de famille



Pour les Pères de famille, nous avons suggéré les initiatives utiles de réflexion et de prière. Cela existe très fort pour les Mères de famille avec le Mouvement de la Prière des Mères fondé depuis 20 ans (1996). En contactant des sites qui en parlent, j’ai lu ce cri du cœur : La maternité est une vocation immense et sacrée ! 


Le Mouvement

Des femmes au cœur de mères confient à Dieu leurs enfants et leur famille et même le monde. Elles confient dans leur prière tout ce que l’Esprit-Saint met dans leur cœur : couples en difficulté, problèmes de santé ou de travail, paix dans le monde, chrétiens persécutés…

En France, il y a 3000 groupes enregistrés, pouvant aller jusqu’à 8 personnes.




Le Livret de Prière des Mères1

Le texte a été traduit en 40 langues. En voici des extraits :

  • Seigneur, nous te rendons grâce pour le don de la maternité. C’est une vocation si grande et si bénie.

  • Seigneur, nous oublions souvent combien Tu nous fais confiance en déposant Tes enfants si précieux entre nos mains. Aide-nous à toujours apprécier l’importance d’être mère.

  • Seigneur, donne-moi Tes yeux pour Te voir en mes enfants, Ton cœur pour les aimer, et Ta douceur pour les aider à grandir. Donne-moi Ta sagesse pour les conseiller et Ta force pour les laisser partir, quand il faudra.


Texte préparé par P. Albert Perrier, Spiritain


PHOTOS


Sainte Anne Trinitaire (copie du statue volée) en bois polychrome – Chapelle Sainte Anne (cimetière) VERVINS ( Références : FR013CFRDJ0117- Copyright : Tranvouez/CFRDJ)



Vitrail moderne de la Nativité, H.M. MAGNE des ateliers LEGLISE –Paris en l’église de SOMMESOUS (51). (Références : FR010CFRDJ0110 – Copyright : Tranvouez/CFRDJ).




1 Contact Prière des Mères – 69 Boulevar Lannes – 75116 PARIS – Tél 01 45 04 03 82 – Pour le livret envoyer une lettre timbrée à 1,02 , libellée à votre adresse.

FICHE SP05 – La vocation de père de famille.


Le Pape François, en sa catéchèse du 15 avril, sur La famille et notamment la complémentarité homme et femme, la présente comme source d’une vocation pour la communion et la génération, toujours à l’image et à la ressemblance de Dieu. Nous aurons deux volets pour y réfléchir : vocation de père de famille et vocation de mère de famille. Le Pape ajoute clairement le sens de cette vocation unique : une Alliance et dit : Dieu a confié la terre à l’alliance de l’homme et de la femme. C’est donc fondamental.


Aspects de la vocation de père de famille

La qualité d’une vocation exprime son sens profond, son éthique. Il est possible, à l’expérience, de souligner trois aspects de la vocation de père de famille.


  • L’époux

Dans l’esprit profond d’alliance de l’homme et de la femme, le premier pas ce sont les fiançailles. Le jeune homme devient le promis à celle qu’il a choisie et à celle qui, de son côté, l’a choisi. Ce n’est pas rien alors de faire des projets ensemble et même, aujourd’hui, de voir beaucoup de réalités matérielles pour organiser cette vie ensemble : travail et salaires mis en commun, maison louée et projet de bâtir la « nôtre », liens avec les parents qui commencent à être les beaux-parents pour mieux s’apprécier. On peut dire que le couple humain se constitue, progresse et s’épanouit.


La première démarche propre du promis et fiancé, c’est d’apprendre à se détacher de certaines de ses habitudes de jeune homme libre : rentrer plus vite après son travail et moins traîner avec les copains ; mettre ses ressources matérielles, peut-être lui le premier et davantage, à la disposition du couple ; assumer en connaissance de cause des engagements, et y veiller sur le moyen et le long terme. Il assure une certaine logistique ou organisation de la vie du couple.


La seconde démarche, spirituelle ou éthique, c’est apprécier son appartenance à sa fiancée. C’est elle, et elle seule, qui devient peu à peu son épouse. Il y a une fidélité qui s’appuie sur une maitrise assumée de sa sexualité et se nourrit et se renforce par l’amitié et l’amour du cœur. Le coeur sait alors apprécier les qualités de la fiancée et de l’épouse, comme aussi lui offrir les siennes propres.


Ces échanges sont les fondements du couple et de son alliance. Ils débouchent dans le choix profond du mariage qui officialise des épousailles, au civil et devant la société. Quand les cœurs vibrent aussi de la même foi au Seigneur Jésus-Christ, c’est le sacrement de mariage où l’amour des cœurs est nourri de l’Amour du Seigneur Jésus lui-même qui est au coeur de cette Alliance.


  • La paternité

Le choix de l’enfant à naître exige un dialogue où il est d’abord question de fécondité commune. La maitrise des éléments pour la paternité et maternité responsable est importante. Au titre de « père », il est invité à prendre en compte les temps propres de la fécondité féminine. C’est un dialogue indispensable et hautement fructueux, spirituel, car il touche à l’être même de l’enfant : un petit d’homme, à l’image et la ressemblance de Dieu. Ce que rappelle l’un des intervenants du Symposium quand il dit : « Nous sommes davantage les enfants de Dieu que ceux de nos parents, au point que le langage traditionnel dit que nous sommes confiés à nos parents et que les parents reçoivent les enfants qu’ils ont conçus à deux. » (P. EdouardMarie Gallez)


Ensuite, la vie étant là, elle doit être protégée dans ses dimensions matérielles et spirituelles. «Aux hommes, (pères de famille), revient de permettre autant que possible qu’il en soit ainsi, et d‘organiser la société dans cette perspective de paix, de vie et de justice, c’est-à-dire le contraire de la volonté d’asservir et de tuer, où les hommes s’illustrent trop souvent » (Même auteur).


  • L’éducateur

L’éducation n’est pas d’abord « nationale ». Elle est familiale. Les réflexions spirituelles du numéro 334 y ont toute leur valeur.


Le père de famille éducateur ou « celui qui fait grandir » a sûrement d’autres approches à faire siennes que ce que j’appelle plus bas les écueils, dont l’un au moins concerne l’éducation nationale qui banalise le « savoir-être humain » par des modèles évacuant la culture et s’imposant comme une appréciation idéologique des choses de la vie.


Le père de famille peut et doit choisir et revendiquer d’autres références humaines et civiques, car le légal n’est ni l’éthique, ni la morale dans cette affaire très sérieuse. Dans des conseils de parents d’élèves, c’est prendre sa responsabilité.


Ecueils actuels sur le chemin du père de famille

Les écueils évoqués sont des réalités qui sont là et qui semblent s’imposer à première vue. Mais justement, si évidents dans leur nocivité et impasse, ils font l’objet d’une attention approfondie du point de vue humain même et spirituel. Beaucoup rejoignent les avertissements ou alertes à leur sujet.


  • Le « genre »

Il est approprié ce texte du Pape François : « La culture moderne et contemporaine a ouvert de nouveaux espaces, de nouvelles libertés et de nouvelles profondeurs pour l’enrichissement de la compréhension de la différence et réciprocité entre l’homme et la femme.


Mais elle a introduit beaucoup de doutes et de scepticisme. Par exemple, je me demande si la fameuse théorie du genren’est pas aussi l’expression d’une frustration et d’une résignation qui vise à annuler la différence sexuelle parce qu’elle ne sait plus se confronter à celle-ci. Oui, nous risquons de faire un pas en arrière. En fait, la suppression de la différence est le problème et non la solution… Je voudrais exhorter les intellectuels à ne pas déserter cette question, comme si elle était devenue secondaire pour l’engagement en faveur d’une société plus libre et plus juste.(Catéchèse du 15 avril 2015)


  • Le « père absent » ou irresponsable

L’absence du père est soulignée assez souvent dans les situations monoparentales des femmes élevant seul les enfants, après séparation. C’est une réalité. Elle est atténuée lorsque des accords du couple sont faits pour protéger les enfants et sont honorés.

Cette absence du père est aussi à l’horizon de bien des difficultés psychologiques et profondes lorsque la paternité génétique sera absolument impossible à déterminer dans tous les cas d’utilisation de la gestation pour autrui, alors même que l’enfant désirera retrouver sa filiation.


L’irresponsabilité qui est visée est plutôt de l’ordre d’un risque ou d’un manque qui, diffus, est pourtant préjudiciable, car comme le dit l’auteur cité : «Il n’y a rien de plus anti-masculin que l’irresponsabilité », et il poursuit : « On peut ranger dans cette catégorie les responsabilités diluées des conseils et autres assemblées de consensus où personne n’est plus là pour assumer quoi que ce soit et pour répondre. (Edouard-Marie Gallez)


Démarche spirituelle pour cette vocation de père de famille


L’Archiconfrérie Saint-Joseph de Beauvais a dans ses Statuts la conviction qu’elle «doit promouvoir aujourd’hui les domaines d’évangélisation où saint Joseph est source d’inspiration : rôle de l’époux, rôle du père, modèle du travail, du silence et de la prière, respect de la vie où son patronage est particulièrement à recommander ».


Des groupes de fidèles voulant atteindre ces buts peuvent être encouragés et accompagnés par l’Archiconfrérie, et notamment le Messager qui propose des réflexions spirituelles comme celle que vous venez de lire. Elles précisent les enjeux d’une vocation de père de famille et donnent à méditer et à partager des recherches, des convictions et de témoigner par des engagements concrets. Convictions renforcées et engagements concrets marchent de pair et se renforcent mutuellement.


Groupe de réflexion et de prière des pères de famille. Voilà le projet que nous soumettons à votre attention. Nous nous engageons à tenir prêt un document mensuel : Lettre aux pères de famille pour tout groupe qui se met en route par une rencontre mensuelle de réflexion et de prière. Ce sera un guide pour un échange et un temps de prière entre pères de famille. Il est même conseiller d’envisager soit des groupes de personnes de même génération, soit des groupes de deux ou trois générations, l’expérience des plus anciens pouvant être précieuse.


Texte préparé par le P. Albert Perrier, Spiritain


Références utiles

  • Ce texte vient de paraître dans le MESSAGER de SAINT JOSEPH, bulletin de l’Archiconfrérie Saint-Joseph de Beauvais n°335, pages 7 à 10. Le numéro suivant évoquera la Vocation de mère de famille. Tout cela est en lien d’une part avec les Synodes sur la famille (octobre 2014 et octobre 2015- et d’autre part avec le souci d’animation auprès des Associées de l’Archiconfrérie et des lecteurs du MESSAGER. On peut souscrire un abonnement annuel de 10 € (adresse ci-dessous).


  • Les citations du P. Edouard-Marie Gallez sont tirées de sa causerie : Saint Joseph et la mission paternelle : ce qu’elle est devenue dans un monde post-chrétien et la manière dont elle peut y être découverte. A paraître dans les Actes du 2éme Symposium Beauvais-Troussures, des 17-19 mars. Souscription ouverte à 15 € (frais d’envoi compris). Contact : CFRDJ/Archiconfrérie Saint Joseph – 56 rue de la Madeleine – 60000 BEAUVAIS. – Ordre du chèque : CFRDJ.


  • Photos


Mariage de Marie et Joseph - Vitrail C. Champigneule –Bar-le-Duc (1881) – transept sud église ND de l’Assomption VERVINS – Références : FR013CFRDJ0122 - Poids : 2,80 mégas. Copyright : CFRD- Tranvouez


Nazareth – scène d’un vitrail du 16ème s. (restauré eau 20ème)-Eglise St Pierre et St Paul JOUARRE (77). Références : FR013CFRDJ0021 – Poids = 806 ko. Copyright : CFRDJ- Tranvouez.




FICHE SP04 - La grandeur de Joseph par Gilles de Christen (fin) (3)

 

 

Nous poursuivons toujours notre apologie de saint Joseph, notre découverte de la grandeur de ce saint, dont j’espère que vous qui lisez ces lignes commencez à vous dire qu’en vérité, en vérité, oui, il ne peut y avoir plus grand saint que lui, créature plus grande que lui, en dehors de Marie qui est toujours sous-entendue puisque avec le Christ ils forment le sommet de toute la Création, la Sainte Famille. Nous allons ici prendre conscience que Joseph est véritablement supérieur aux anges…!

 

Joseph est supérieur au monde angélique

 

La grandeur de Joseph se manifeste dans le fait qu’il est en lui-même plus grand que tous les anges du ciel. C’est Charles Sauvé qui a donné le meilleur commentaire de cette supériorité de Joseph sur tout le monde céleste, pour chaque famille d’anges. Je vous le livre avec plaisir : « Si vous allez parcourant chaque hiérarchie des anges, vous trouverez toujours leur rôle particulier dépassé par celui de Joseph :

 

1) la mission des Anges est de manifester la bonté de Dieu aux créatures. [Celle de] Joseph est de [la] manifester… au Fils de Dieu lui-même… et par une bonté que les anges ne connaissent pas, la bonté la plus parfaitement paternelle, la plus parfaitement conjugale.

 

2) [la mission des] Archanges, c’est d’être la révélation de Dieu à l’égard des anges et des hommes. Le rôle de Joseph est de redire Dieu à l’adorable humanité de Jésus… qui a voulu avoir toujours sous les yeux un spectacle plus révélateur de Dieu que la vue des plus parfaits des anges…, la vue de la bonté de son Père éternel réfléchi en la bonté paternelle de Joseph en même temps que la bonté maternelle de Marie.

 

3) les Principautés sont l’image du gouvernement des créatures par Dieu. O Saint Joseph…, le Roi du monde vous est soumis comme un Fils, et la Reine des Vierges vous reconnaît comme son Époux et son Chef.

 

4) les Puissances adorent spécialement la justice de Dieu… depuis le Paradis terrestre d’où elles chassent les rebelles…. Mais il me semble que saint Joseph est, comme la Vierge, bien autrement redoutable aux démons.

 

5) le chœur des Vertus représente la force de Dieu. Mais quand… je vous vois porter…, comme un père porte son enfant, Celui qui porte le monde, je vous admire plus et vous salue avec plus de vénération que les Vertus des Cieux.

 

6) le chœur des Dominations adore et représente… le domaine et l’autorité de Dieu sur les créatures. Et pourtant ne doivent-elles pas… s’incliner devant un pauvre ouvrier qui représente l’autorité de Dieu sur son Fils incarné et sur sa très sainte Mère ?

 

7) les Trônes sont le repos de Dieu. Un pareil rôle… est sublime ! Et voici pourtant un rôle plus sublime encore : Saint Joseph est le Trône où le Fils de Dieu… se repose et se complaît, mieux que s’il était porté par les anges….

 

8) les Chérubins sont spécialement des êtres de lumière. Dieu est la Lumière même et c’est Dieu Lumière que les Chérubins glorifient. Mais qu’est-ce que Jésus ? N’est-il pas la Lumière incarnée ? Et il y a deux êtres qui initient à sa Lumière mieux que tous les autres êtres, c’est Marie sa mère virginale, et c’est Joseph qu’en tant que Fils très aimant il enrichit de tous ses trésors les plus précieux et il n’en est qu’un de plus précieux que la Lumière, c’est l’Amour.

 

9) enfin, tout près de Dieu je vois les Séraphins, qui sont les représentants de l’Amour infini…. Qu’est-ce que la Charité ? C’est l’amour divin mutuel…. Combien l’amour mutuel entre Dieu et vous me semble plus admirable que l’amour mutuel entre Dieu et les Séraphins, car c’est un amour mutuel de Père et de Fils… !

 

Ainsi, en parcourant les célestes hiérarchies, des anges aux Séraphins, je vois toujours votre rôle dépasser d’une manière éminente le rôle des [puissances célestes] ».[i] Et il ajoute dans le même chapitre : « Je vous le demande, est-ce que Jésus a jamais dit, est-ce qu’il peut dire à un séraphin : "mon Père" ? Est-ce que Marie a dit, peut dire à un séraphin : "mon Epoux" ? ».[ii]

« O Saint Joseph, dans aucun saint, dans aucun ange les traits de l’adorable Trinité ne sont si profonds, ni si splendides qu’en vous ! ».[iii] « Dès Nazareth, les anges admiraient en Saint Joseph des reflets incomparables de la bonté, de la sagesse, de la vie de Dieu. Il est, après Marie, la plus parfaite image de Notre Père céleste ».[iv] Oui, il est clair que Joseph est au-dessus du monde angélique !

 

Joseph, « reflet resplendissant de la Gloire du Père »

 

A la gloire que donnent à Joseph les textes qui précèdent, j’ajouterai celle-ci, qui lui est donnée par Jean-Jacques Olier : Joseph est « l’image des beautés [éternelles] du Père »[v], texte non cité précédemment puisque j’allais le citer ici.

 

Je rapproche ces différents textes de la description du Fils faite par l’auteur de l’épître aux Hébreux : « reflet resplendissant de la gloire du Père…, le Fils est placé au-dessus des anges, car il possède… un nom bien plus grand que les leurs. En effet jamais Dieu n’a dit à un ange  "tu es mon Fils"… ou encore "je serai pour lui un Père et il sera pour moi un Fils" ». Or Dieu lui-même a voulu que Joseph puisse dire, lui aussi, à propos du Fils : « je serai pour lui un Père et il sera pour moi un Fils ». Ce cas est unique dans toute la Création, y compris angélique ; il ne concerne que Joseph et Marie !

 



[i]  

Compte tenu de ces rapprochements, compte tenu de ce que Joseph est - avec Marie et de manière inséparable, indissociable - incontestablement plus grand que tous les anges, ne peut-on pas appliquer aussi ce texte à Joseph (comme on pourrait tout aussi bien l’appliquer à Marie, mais ces lignes concernent ici Joseph) ? Simplement, l’attribuer à Joseph (comme naturellement à Marie) n’est pas du tout aberrant. Voilà ce que cela donnerait pour Joseph : « Joseph, resplendissant de la gloire du Père, est placé au-dessus des anges, car il possède un nom bien plus grand que les leurs. En effet aucun homme n’a jamais pu dire à Dieu lui-même : "tu es mon Fils"… ou bien "je serai pour lui un Père et il sera pour moi un Fils" » [i]. Ce rapprochement nous permet d’imaginer la grandeur de la paternité de Joseph !

 

Si dans la Sainte Famille l’Église vénère plus particulièrement (et d’une manière incomparablement plus grande) deux de ces membres, le Fils et Marie, il apparaît que Joseph en est lui aussi à un membre éminent et mériterait une reconnaissance qu’il n’a pas, pour ne pas dire qu’il ne « veut » pas avoir pour le moment, comme si ce n’était pas son heure. Lui, le Chef de la Sainte Famille, son « bon pasteur ! », lui qui garde au ciel toute son autorité de Père, nous reste caché… jusqu’au jour où « Dieu lui-même déchirera le voile qui nous a empêché jusqu’à maintenant de voir à découvert les merveilles du sanctuaire de l’âme de Joseph », comme l’a écrit de manière si belle et si juste le père Jean Jacquinot [ii]. Mais jusqu’à présent, tout comme le Père éternel, il demeure caché à nos yeux d’hommes. Il ne l’est certainement pas pour le reste de la Création, pour les anges en particulier, ou pour ceux qui sont déjà au ciel dans la vision plénière, mais il l’est aux hommes sur terre. Quel mystère auquel tout semble sans cesse nous ramener !

 

Mille cherubini in coro !

 

A propos des anges, je voudrais conclure ces textes par un chant, ce très beau cantique de Noël, de Franz Schubert, qui refait surface depuis qu’Andrea Bocelli le chante. Cette musique est magnifique ; une musique angélique, une musique divine, celle de « mille Chérubins » qui, avec une tendresse incroyable, veillent sur l’enfant Jésus. Sous l’inspiration du Psaume 90/91, verset 11, il y est écrit que ces mille Chérubins « veillent [sur le Christ] et protègent son chemin ».

 

Pourtant qui d’autre encore « veille sur lui et protège son chemin », sinon celui qui en est par excellence sur terre le protecteur dans son autorité paternelle ? Dès lors on constate qu’est attribué à Joseph, aidé de Marie, une mission qui relève des Chérubins eux-mêmes, les plus « hauts » de tous les anges après les Séraphins. N’est-il pas extraordinaire qu’un homme puisse remplir une telle mission, donnée normalement aux plus grands des anges ?

 

Mais surtout à travers cette musique, l’on voit ces chérubins se pencher avec un amour infini (à leur mesure…, c à d. sans mesure) sur le Verbe Incarné, tout remplis d’émerveillement devant cet enfant qui est leur Dieu, qui est Dieu tout court. Mais qui voient-ils auprès de cet enfant, auprès de Dieu ? Joseph et Marie ! Et je me dis que cette merveilleuse musique divine, ils la chantent, remplis d’émerveillement certes devant le Fils, mais aussi devant celui et celle par qui cette naissance se réalise ; ceux qui ont dit "OUI" au Plan éternel de Dieu ; ceux qui lui ont permis de se réaliser et qui, bien plus encore, vont veiller sur cet enfant et le faire grandir. Et ils ne vont pas faire grandir n’importe quel enfant, mais un Dieu fait homme ! Dieu qui se fait faible, petit, qui veut tout apprendre, mais qui n’en est pas moins… Dieu ! Ceux-là ont donc en même temps la mission de faire grandir cet homme-Dieu, del’« é-lever » en quelque sorte jusqu’au niveau humainement le plus proche possible de sa divinité.

 

Mystérieusement, cela sera surtout le rôle de Joseph en tant que Père. Tout cela les anges le savent et le voient. Et ils sont tout ébahis par cet homme et cette femme, qui sont tellement au-dessus d’eux, puisque l’un et l’autre vivent une proximité unique, que dis-je ? une intimité unique avec le Verbe Incarné ! Comme je viens de le rappeler, quel ange a jamais pu dire « mon Fils » au Verbe ? ou encore en le présentant à leurs hôtes, proches, amis ou simples relations de passage : « voici Jésus [et ils savent qu’il est Dieu], mon Fils bien-aimé » ?

 

C’est donc aussi cela, le fruit de « l’Union hypostatique », découvrir et contempler, avec tous les anges et tous les saints, la beauté et la grandeur merveilleuses de Joseph et Marie ! C’est pour cela que je ne pouvais qu’adhérer aux propos de Charles Sauvé sur le fait que Joseph est plus grand que tous les anges, même les plus proches de Dieu. Oui, j’adhère, je crois en la grandeur merveilleuse de Joseph comme à celle de Marie, et ce temps de Noël où j’écris ces lignes ne peut que me conforter dans cette certitude. « Attendez la venue du Seigneur ; il mettra en lumière ce qui est caché… et fera paraître les intentions secrètes. Alors la louange qui revient à chacun lui sera donnée par Dieu » (1 Co 4,5). Et nous découvrirons alors la splendeur de la gloire de Joseph !

 

Fin



[i] Je rappelle que le fait de supprimer certains passages d’un texte de référence est classique. Je ne prendrai qu’un seul exemple, mais il est reproductible presque à l’infini. En effet à propos de la prophétie de l’Emmanuel il est bien dit que « de crème et de miel il se nourrira jusqu’à ce qu’il sache discerner le mal du bien, mais avant même que cet enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, elle sera abandonnée, la terre dont les deux rois te font trembler » (Is 7, 15-16) ; or ces deux informations ne correspondent pas à la venue du Christ telle qu’elle s’est réalisée, ce qui n’empêche pas que nous voyions dans ce texte une prophétie réelle de la venue du Christ – Emmanuel, et moi-même je la prends comme telle, sachant qu’il faut parfois savoir trier dans les textes reçus pour ne retenir de ce texte que telle ou telle phrase et non son ensemble sans discernement.Charles Sauvé, Saint Joseph Intime, Ed. de Gigord, Paris, 1920, P.

[ii] Jean Jacquinot, jésuite, provincial de Lyon puis supérieur de la maison professe St Louis à Paris, Les gloires de Joseph, Dijon, 1645

 

 

 

 

REPRODUCTIONS

Statue originale de Joseph et l’Enfant, œuvre de Laurent DELVAUX, en l’église Saint-Jacques (Bruxelles) – BE008CFRDJ0052.jpg – poids de 4,25 mégas – Copyright : Tranvouez-CFRDJ

 

Statue Saint Joseph et l’Enfant en l’église Saint-Jean-Baptiste (Bruxelles) – BE008CFRDJ0054.jpg – poids de 2,55 mégas. Copyright : Tranvouez-CFRDJ.Charles Sauvé, L’Évangile Intime, livre 1 la vie cachée, Ed. Vic et Amat, Paris, 1911, P.

 

 

FICHE SP03 - La grandeur de Joseph, par Gilles de Christen (suite) (2)

 

Evocations de la grandeur de Joseph par quelques auteurs

 

Nous poursuivons notre découverte de la grandeur de Joseph. Et je citerai ici quelques auteurs, un par époque pour ne pas faire trop long :

« La naissance [du Christ] a été toute céleste, parce que l’union des deux époux, Marie et Joseph, était toute céleste » disait Saint Rupert de Deutz (ou de Liège), ce grand théologien belge du moyen âge [i].

 

Au 16ème siècle, une Sainte Thérèse d’Avila exprime pour la première fois une expérience personnelle : « le glorieux saint Joseph, je le sais d’expérience, étend son pouvoir à tous nos besoins. Comme si Notre Seigneur voulait nous faire comprendre que, de même qu’il lui fut soumis sur cette terre, il se plaît encore à faire sa volonté au ciel en exauçant toutes ses demandes ».[ii]

 

Au 17ème siècle, "Monsieur" Olier exprime toute son admiration devant la paternité de Joseph : « Le Père habite l’âme de Joseph », à tel point que « quand on voit Joseph, on se met à genoux devant l’image (l’icône) du Père pour adorer le Père ».[iii]« Le Fils de Dieu s’étant rendu visible en prenant chair humaine, conversait et traitait visiblement avec Dieu le Père, voilé sous la personne de St Joseph par lequel son Père se rendait visible à lui ».[iv]  



 

.

Au 18ème siècle, Saint Léonard de Port Maurice est lui aussi émerveillé par Joseph : « Réjouissez-vous, pieux serviteurs de Saint Joseph, car le paradis est près de vous et l’échelle qui y monte n’a que trois degrés : Jésus, Marie, Joseph… Gravez ces trois noms célestes dans vos cœurs ! Prononcez-les souvent ! Ecrivez-les partout ! Répétez-les plusieurs fois par jour et qu’ils soient encore sur vos lèvres à votre dernier soupir ! […] Je le dis hardiment : avant de devenir l’époux de Marie, il a fallu que Joseph fût déjà l’âme la plus grande qui ait jamais paru dans le monde, excepté celle de l’auguste Vierge que je sous-entends toujours. […] Tombez à ses pieds, prophètes, patriarches, apôtres, martyrs, thaumaturges, et vous tous, grands du ciel et de la terre, tombez donc à ses pieds, comme autrefois le soleil, la lune et les étoiles s’inclinèrent devant le premier Joseph pour l’honorer, car ces privilèges qui vous ont été accordés partiellement, Joseph les a possédés tous et à un degré parfait ».[i] 

 

Frédéric William Faber, Oratorien anglais du 19ème siècle : « [Joseph] est le plus caché de tous les saints et enveloppé dans les nuages mêmes et les ombres qui environnent la source incréée de la divinité ». [ii]« Il n’y a pas d’ange qui peut aimer Jésus comme Joseph l’aimait,comme Joseph [est] tenu de l’aimer. [iii] 

 

Au 19ème siècle, Charles Gay est à son tour émerveillé : « aucun mot humain, ni aucun assemblage de mots humains ne suffit à exprimer complètement ce caractère, qui est tout ensemble d’une majesté et d’une simplicité inouïes. Les proportions de Joseph dépassent celles des êtres terrestres. Dès le monde, il est tout du ciel…. Joseph entre de plain-pied, il entre de plein droit, il entre comme Prince, comme Chef, comme Père, dans ce gouvernement humain de la vie de Jésus et de Marie. Cela [lui] confère une dignité incompréhensible et nous le montre investi d'une clarté que n'atteint pas celle des Séraphins ».[iv]

 

Vers 1910, Charles Sauvé ne cessera jamais de s’émerveiller devant Joseph : « Au centre de tous les anges et de tous les saints, trois visages m’apparaissent comme une vision incomparable de sainteté et de gloire ! C’est Jésus, Marie et Joseph ! La Sainte Famille, voilà l’idéal de la sainteté sur la terre et dans le Ciel ! ».[v] « Le monde a été créé pour la Sainte Famille et gravite autour de cette Trinité de la terre ».[vi] « Mon Dieu…, lorsque vous formiez … ces légions splendides de beauté, ces familles brûlantes d’amour que nous appelons les Séraphins, les Chérubins…, lorsque vous créiez, sanctifiiez et glorifiiez les Anges, [vous] n’aviez d’yeux que sur une Famille [la Sainte Famille] remplie de plus de lumière, brûlante de plus d’amour ! ».[vii] « Saint Joseph est avec Marie uni à Jésus d’une union sans pareille qui achève la Sainte Famille et se referme sur elle comme sur un sanctuaire où nul sur la terre n’entrera jamais ».[viii] « O Saint Joseph…, dans aucun saint, dans aucun ange les traits de l’adorable Trinité ne sont si profonds, ni si splendides qu’en vous ».[ix] « L’âme qui contemple Saint Joseph pourra trouver en lui, mieux qu’en tout autre saint, une réfraction de la sainteté divine, un reflet de sa majesté, une ombre de son immutabilité et de son éternité ! ».[x]

 

Au 20ème siècle je retiendrai un seul nom, celui d’un pape, Paul VI : « Au seuil du Nouveau Testament comme au seuil de l’Ancien se dresse un couple. Mais, tandis que celui d’Adam et Ève fut la source du Mal qui a déferlé sur le monde, le couple de Joseph et Marie est le sommet d’où la Sainteté se répand sur la terre ». [xi]

 



[i]


                      

L’ordre de l’union hypostatique est au dessus de toute la Création

 

On comprend mieux cette grandeur quand on parle de « l’union hypostatique ». Sur ce point, le Père Charles Sauvé évoque « la grandeur, la sainteté de…  l’union "sur-angélique" (sic) de Joseph et Marie », « union incomparablement chère et précieuse à Dieu » après « l’union du Verbe et de son humanité » [1] que l’on appelle depuis 431 « union hypostatique ». Ces deux unions se retrouvent dans la Sainte Famille où elles sont intimement et éternellement liées. Sans l’union de Joseph et Marie pour accueillir l’union hypostatique, celle-ci était impossible ! Inversement, s’il n’y avait pas eu l’Union hypostatique, il n’y aurait pas eu l’union de Joseph et Marie, leur existence étant toute « ordonnée » à l'Incarnation.

 

Seuls Marie et Joseph appartiennent à « l’ordre de l’union hypostatique », un des trois « ordres », un des trois niveaux successifs de relation à Dieu  qui existent dans la Création, que Francisco Suarez, un jésuite espagnol du 16ème siècle, a pu définir [2]:

l’ordre de la nature, qui concerne toute la Création en général,

- l’ordre de la grâce, qui ne concerne plus que les anges et l’homme,

- et l’ordre de l’Union hypostatique, qui se situe au-dessus des précédents.

 

Ce dernier ordre ne concerne plus que la Sainte Famille, car c’est dans la Sainte Famille que s’est réalisée cette Union par laquelle le Christ demeure désormais éternellement à la fois Dieu et homme. De la Création, seuls Marie et Joseph appartiennent donc à cet ordre. Aussi Suarez a-t-il pu dire que « « uni indissolublement à Jésus et à Marie, Saint Joseph appartient à l’ordre hypostatique ; et tous les saints et les anges "gravitent" autour de l’ordre hypostatique ».[3] Ce que reprendra le pape Pie XI quand il dira et ceci à propos de Joseph, un 19 mars pour sa fête, qu’ « aucune gloire ne peut surpasser celle d’avoir eu la révélation de l’union hypostatique du Verbe divin ».[4]

 

Charles Sauvé sera on ne peut plus clair à ce sujet : Joseph appartient à un « monde supérieur au monde des saints et aux chœurs des anges, [à] la Sainte Famille, le monde de l’ordre de l’union hypostatique auquel jamais aucun Séraphin n’aura l’insigne honneur d’appartenir ».[5]

C’est pourquoi la Sainte Famille est appelée en espagnol « la Famille Sacrée ». Car elle est sacrée ! Sacrée pour nous les hommes, mais aussi sacrée pour Dieu. Elle est ce qu’il y a de plus beau dans toute sa Création, pour que celle-ci "gravite" autour d’elle. Elle est "divinisée" (et non déifiée) notamment par la présence du Fils, et du Fils en tant que Fils, rehaussant encore plus la grandeur de ses parents humains. Divinisée veut dire qu’elle a reçu de Dieu les attributs qu’Il a voulu lui donner, dont nous serons un jour revêtus en bonne partie lorsque nous entrerons à notre tour de plain-pied dans la Vie éternelle à la Résurrection.

(à suivre)



[1] Charles Sauvé, St Joseph intime, PP 90, 31, 30

[2] Francisco Suarez, De myst. Vitae Christi, Comm. in IIIam Quest..29 Disputatio 8 Sect.1 n°10 dans Opera omnia, cité par Vivès, T.19   PP. 122-123

[3] Francisco Suarez : Vivès T.19 P125

[4] Pie XI, discours du 19 mars 1928 en la solennité de St Joseph

[5] Charles Sauvé, opus cité, P.232

 

 

REPRODUCTIONS

Adoration des Mages en l’église de LA CHAPELLE (Bruxelles) – BE008CFRDJ0048Jpg – poids 1,11 Mo – Copytriht : Tranvouez-CFRDJ

 

Statue assez originale de Joseph et l’Enfant en l’église de BON SECOURS (Bruxelles)

BE008CFRDJ0051.jpg – poids 2,59 Mo – Copyright : Tranvouez-CFRDJ

 

 

 

FICHE SP02 - La grandeur de Joseph, par Gilles de Christen - (1) 

 

Nous publions 3 réflexions sur la Grandeur de Joseph par Gilles de Christen, auteur du livre FLORILEGE. Il s’inspire de la grande tradition de l’Eglise qu’il creuse pour nous donner le sens d’une dévotion envers saint Joseph selon sa place éminente dans le mystère de l’Incarnation de Jésus.

La grandeur de Joseph est inconnue à la plupart des chrétiens, même si nombreux ne peuvent pas concevoir qu’elle ne soit pas à la hauteur de sa mission, celle de Père du Fils et d’Époux de la Vierge. Pour vous y introduire, je commencerai, dans ce premier texte sur ce sujet, par prendre quelques exemples qui vous montrent que nul en dehors de Marie ne peut être plus grand que Joseph sur la terre et dans les cieux. Sa grandeur a fait l’objet de multiples ouvrages qui furent célèbres en leur temps, durant la Renaissance et « le grand siècle de Joseph » (qui recouvre la fin du 16ème siècle et tout le 17ème).

 

Joseph & Marie siègent à la droite et à la gauche du Christ

 

Voici le premier exemple, tiré de ce passage où l’on voit Jacques et Jean demander au Christ de «siéger à sa droite et à sa gauche dans sa gloire », ce à quoi le Christ leur répond : «siéger à ma droite ou à ma gauche…, c’est [réservé] à ceux pour qui cela a été destiné, pour qui mon Père l’a destiné » (Mc 10,40 et Mt 20,23). Jean, «celui que Jésus aimait », pourrait l’être. N’est-il pas celui qui a le mieux résumé qui est Dieu lorsqu’il le définit ainsi : «Dieu est Amour », et quelle profondeur que son évangile ! Mais son frère Jacques aussi ! Il est l’un des premiers martyrs et il ne faut pas oublier la grande vénération dont il jouit dans l’Eglise à Saint-Jacques de Compostelle, l’un des sommets de pèlerinage de toute la chrétienté. Nous pourrions dire la même chose de Pierre, de Paul ou de Jean Baptiste. Pourtant il m’a semblé trouver dans la Bible, comme dans l’histoire de l’Eglise, deux réponses pour comprendre qui la Trinité peut estimer digne de siéger ainsi, « à la droite et à la gauche » du Verbe dans les Cieux.

 

La première réponse nous vient de Paul. En Eph. 3,14 il évoque plus Joseph que Marie : «je tombe à genoux devant le Père, qui est la source de toute "paternité" … sur la terre », phrase qui concerne en tout premier lieu, avant toute autre créature humaine, Joseph ! En fait un peu plus bas, Eph. 3,18 concerne le couple de Joseph et Marie plus que tout autre créature terrestre : «vous serez capable de comprendre ce qu’est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur…, vous connaîtrez l’Amour du Christ qui surpasse tout ce que l’on peut connaître ». Si nous serons capables de le comprendre au ciel, nul sur terre ni même dans les cieux n’a vécu ce qu’ils ont vécu avec le Fils pour pénétrer - au même degré qu’eux - toute l’immensité de l’Amour de Dieu. Ne peut-on pas dire qu’eux, ils ont été capables de le comprendre, de le « toucher » même, à un degré inouï.

En effet, Dieu, comme je l’écris plus loin, a été touché jusqu’au plus profond de son cœur - c’est une image anthropomorphique, mais il nous faut bien nous comprendre entre nous - par l’appel au secours que Joseph & Marie ont lancé aux Cieux pour que soit sauvée l’humanité, appel qui a manifestement résonné dans le cœur de la Trinité avec une force que nul autre homme n’aura jamais pu obtenir de Dieu ; pourtant les évangiles nous montrent un Christ touché par l’appel de cet aveugle que l’on ne connaît que par le nom de son père, Bar (= fils de) Timée, (aveugle donc impur, il n’a plus de nom !), comme celui, silencieux, de "l’hémorroïsse" qui court jusqu’à lui, et qu’il guérit tous les deux.

 

Ainsi, Dieu, répondant à leur appel, vient « établir sa demeure parmi eux » et cette Trinité créée sera comme l’image humaine de la Trinité incréée, nouvelle trinité qui sera la source même de l’Église.

 

Si donc les places « à droite et à gauche » du Christ sont « réservées » pour d’autres, elles ne peuvent l’être que pour Joseph et Marie. Aucune autre créature - même la plus belle des Cieux ! - n’a pu connaître un tel privilège d’intimité divine comme de grâce filiale venant du Fils lui-même ! Je trouve d’ailleurs dans un des ouvrages du Père Charles Sauvé le même mot dans son introduction (mot qu’il répètera encore) : «Joseph va vous apparaître comme résumant éminemment les traits les plus beaux de la sainteté humaine et de la sainteté angélique, surtout la charité et l’intimité divines ». Et il dit ailleurs dans cet ouvrage : «son rôle unique est la raison, la source de sa sainteté sublime et de son incomparable intimité avec Dieu ».[i] 

 

La seconde réponse nous est donnée par l’Eglise elle-même, dans la vénération qu’elle a de la Sainte Famille. Ainsi, l’on peut dire que l’iconographie a depuis des siècles attribué ces places à Joseph et Marie. Car nous voyons sur toutes les icônes de la Sainte Famille Marie plus à gauche portant le Christ au centre, de son bras gauche ; elle est donc à sa droite en réalité. Et nous voyons Joseph - toujours en arrière-plan, toujours comme caché, mystère de Joseph ! - à droite, soit en réalité à la gauche du Christ. Si deux êtres doivent « siéger à droite et à gauche » du Christ, ces places ne peuvent être « réservées » que pour Marie et Joseph ! Et si l’on y réfléchit bien, cela « remet en selle » le rôle de Joseph dans l’histoire de notre salut, c à d. sur notre route vers le Père, et quel rôle a-t-il, sinon celui d’être Père ?

 

Il est une troisième réponse, qui nous est donnée par Dieu lui-même. Ce sont ces passages de l’Ecriture où il est dit qu’il faut honorer ses parents (en Ex 20,12 ou Dt 5,16) ou encore, dans le Livre des Proverbes : «Que ton père et ta mère se réjouissent ! Le père du Juste est dans l’allégresse. Celle qui t’a enfanté sera dans l’allégresse » (Pr 23,24-25). Qui plus que Joseph et Marie le Christ peut-il « honorer » au Ciel ? Nul ne peut dépasser en grâces et en mérites ses parents et ce ne peut être qu’eux qu’il puisse vouloir « honorer » en premier, comme il nous l’a fait comprendre en nous donnant lui-même ce commandement : « honore ton père et ta mère » !

 

Voici enfin - pour Joseph exclusivement - un ultime argument, un texte de Zacharie. Il nous présente le Christ comme un « homme dont le nom est "Germe", qui germera là où il est planté ; il rebâtira le temple du Seigneur et portera les insignes royaux ; il siègera sur son trône en Roi. Un prêtre siègera à sa droite et une paix parfaite règnera entre eux deux » (Za 6,12-13). Or qui aux côtés du Christ pourrait être plus « prêtre » que Joseph ? « Dieu a mis son corps entre ses mains », comme dit un chant. Chef et liturge de la Sainte Famille, le Saint des saints sur terre, il est plus que le Grand Prêtre dans le Temple ! Dire que le Père a voulu qu’à chaque Shabbat il bénisse le pain et le donne en mémoire de l’Alliance éternelle … devant Dieu lui-même ! Comme il fallait qu’il soit agréé, choisi par Dieu pour être si supérieur à tout [grand] prêtre ! De même avec qui pourrait-il « régner une Paix [plus] parfaite » pour siéger à droite (ou à gauche) du Christ ?



[i] Charles Sauvé, Saint Joseph intime, Ed. de Gigord, Paris, 1920, Préface, pages I-II

 

 

 

 

 

La gloire de Joseph, telle que décrite par le patriarche Joseph

 

Je voudrais ici citer des textes de l’Ancienne Alliance qui préfigurent la Nouvelle Alliance en nous parlant spécifiquement de Joseph à travers le premier Joseph, le patriarche, comme préfiguration de Joseph, comme une parabole, une prophétie vivante de Joseph.

1er texte, la gerbe de Joseph : (en Gn 37,5-10) Joseph raconte deux songes à ses frères : «Nous étions à lier des gerbes au milieu des champs ; et voici, ma gerbe se leva et se tint debout, et vos gerbes l’entourèrent et se prosternèrent devant elle »…. « J’ai eu encore un songe ! Et voici, le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant moi », car la douzième, c’est lui ! Voici donc Joseph - sa « gerbe » qui donne le blé, lequel donne le Pain de Vie, le Fils de Dieu ! - s’élève au-dessus de nous tous. Devant lui se met à genoux et se prosterne l’humanité, et plus encore même toute la Création, représentée ici par le soleil, la lune et les étoiles qui occupent l’immensité de l’univers créé.

Qui ne ferait pas le parallèle avec la femme de l’Apocalypse ? « Un grand signe parut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête » (Ap. 12,1). Si l’on prend Marie comme symbole de cet autre verset, les douze étoiles se prosternent devant elle ; chez Joseph il n’y en a que onze. Est-ce la différence symbolique en Joseph et Marie ? Joseph se prosternerait devant Marie, et Marie ne le ferait pas devant Joseph, alors qu’elle le fit sans doute sur terre (dans le contexte de cette époque) ? Cependant dans la première allégorie la lune et le soleil se prosternent devant lui ; la lune symbolise la femme et se prosterne devant Joseph. Il y aurait donc plutôt stricte égalité de paraboles entre Joseph et Marie. Cela refléterait bien cette égalité de traitement de la part de Sainte Trinité pour la Trinité créée, « sa » Sainte Famille, celle du Fils en premier lieu, qui est aussi celle dans laquelle le Père nous adopte, donc celle du Père en second lieu, tout ceci à travers l’action de l’Esprit Saint, et donc celle de l’Esprit en troisième lieu.

 

2ème texte, Joseph, maître de la maison de Dieu et de son peuple : (en Gn 41,38-44) « Pharaon dit à ses serviteurs : "Trouverions-nous un homme ayant l’esprit de Dieu  comme cet homme ?" Et Pharaon dit à Joseph : "Puisque Dieu t’a fait connaître toutes ces choses et que personne d’autre n’est aussi intelligent et aussi sage que toi, je t’établis sur toute ma maison, et tout mon peuple obéira à tes ordres. Mon trône seul m’élèvera au-dessus de toi". Pharaon dit encore à Joseph : "Vois, je te donne le commandement de tout le pays d’Egypte". Pharaon ôta son anneau de la main, et le mit à la main de Joseph ; il le revêtit d’habits de lin fin et lui mit un collier d’or au cou. Il le fit monter sur le char qui suivait le sien ; et l’on criait devant lui [Joseph] : "à genoux !" ; et Pharaon lui donna le commandement de tout le pays d’Egypte ».

 

Joseph, placé en second, juste en dessous du Père (que symbolise le Pharaon, le Roi le plus puissant de la terre, considéré par l’auteur de ces textes de la Genèse comme le maître de l’univers), Joseph qui reçoit l’anneau symbole du pouvoir de Dieu le Père ! Joseph établi sur toute sa maison (la Sainte Famille) et sur tout son peuple (l’Église, l’humanité) !

 

 

REPRODUCTIONS 

Vitrail de Marie et Joseph en l’église N.D. des Sablons (Bruxelles) – BE008CFRDJ0050.jpg poids 3,61 mégas – Copyright : Tranvouez

Statue de saint Joseph avec des outils en l’église Saint-Pierre de BOUILLON (Belgique) – BE008CFRDJ0047.jpg – poids 4,95 mégas – Copyright : Tranvouez-CFRDJ.


 

 

FICHE SP01 -  Veillée de prière, temps d’ouverture à une causerie de M. Christian Gaumy, le 7 juin 2008.

 

C’est au cœur d’un événement, celui du 1er Symposium du CFRDJ sur Saint Joseph, les 7 et 8 juin 2008.  La communication sur la Figure de Saint Joseph dans la musique baroque (1600-1750) s’est transformée en veillée de prière, le soir du jour anniversaire de l’apparition de saint Joseph à Cotignac, le 7 jui 1660, à la basilique Notre-Dame de Grâces à Cotignac ( Voir Livre des Actes du 1er Symposium sur Sant Joseph à Cotignac , p 73-75 et Note de fin de fiche).

 

Sur le modèle des temps de prière fondés par saint Philippe Néri à l’Oratoire de Rome au XVIème siècle, ce fut un temps de lectures et d’écoute d’extraits de musiques baroques consacrées à saint Joseph. Depuis 1970, il est à souligner que ces musiques sont interprétées par des jeunes gens européens et américains de 20 à 45 ans. C’est un phénomène dont on n’a guère pris conscience aujourd’hui. Ainsi, ce renouveau d’un répertoire musical oublié est assuré par une fraction de la jeunesse occidentale. C’est une révolution silencieuse qui peut amener de fortes pousses spirituelles, qui ne font pas parler d’elles.

 

Veillée de prière

La veillée commence par un ensemble de prières, dont une d’aujourd’hui :

Ô saint Joseph, modèle parfait de la vie intérieure et cachée,

Obtenez-moi le don d’oraison, l’esprit d’humilité,

Et la grâce de mourir comme vous entre les bras de Jésus et de Marie.

 

La lecture des prières suivantes est confiée au Frère Samuel-Bernard, membre de la Communauté des Frères de Saint-Jean à Cotignac et intervenant au Symposium.

Ce sont d’abord des extraits de l’Office canonial complet en l’honneur de saint Joseph,  tiré d’un manuscrit du XIIIème siècle, de l’ancienne Abbaye bénédictine de Saint-Laurent de Liège. L’importance d’un tel document est de livrer le texte complet et la musique du premier office liturgique connu en Occident en l’honneur de saint Joseph. Voici deux extraits de l’office des Vêpres :

Cinq antiennes pour les divers psaumes

  1. Salut Etoile glorieuse, plus claire que votre soleil,  ô juste Joseph,  que votre prière nous délivre des ténèbres et nous obtienne une place dans le règne de la clarté.
  2. Ô Joseph très bon et juste,  daignez accorder à ceux qui se réjouissent de célébrer votre solennité d’être gratifiés et enrichis du don de la vraie lumière.
  3. Ô Joseph très saint,  que Dieu nous accorde de célébrer dignement vos solennités, et que par votre intercession il unisse nos louanges aux louanges des anges.
  4. Ô très doux Joseph, nous recourons à vous et nous vous prions d’être attentif à nos demandes pour nous gagner, par votre sainte intecesion la clémence et la miséricorde de Jésus que vous avez nourri.
  5. Ô très glorieux et très digne Joseph, quel honneur et quelle gloire sont les vôtres dans les délices du Paradis et dans l’amour de Dieu ; puissions-nous y être admis avec vous.

Hymne


Ô Dieu puissant dans les hauteurs                                  

En cette fête de saint Joseph,

Purifiez nos cœurs, conservez nos âmes

Dans la véritable innocence,

Et conduisez-nous au Royaume des Cieux.

 

Donnez-nous des yeux de colombe,

Sans rapacité et sans orgueil,

Toujours fixés ver le Ciel,

Contemplant les choses célestes,

Par l’intercession du juste Joseph.

 

Que nous puissions vous contempler

Avec le regard d’un cœur pur ;

Nous réjouir en vous, Ô Dieu,

Avec tous les anges, dans la gloire,

Par l’intercession du juste Joseph.

 

Soyons la bonne odeur du Christ,

Afin qu’il soit glorifié par tous,

Et que par tous il soit aimé,

Le Dieu dans sa clémence,

Par l’intercession du juste Joseph.

 

Que nos oreilles soient ouvertes

A vos commandements, Ô Christ,

Afin qu’au terme elles soient exemptes

D’ouïr la condamnation redoutable

Par l’intercession du juste Joseph.

 

Exaucez-nous, ô bienheureuse Trinité,

Entendez-nous, ô simple Unité ;

Que par les prières du juste Joseph

Nous soyons unis aux citoyens célestes,

Pour jouir de la gloire avec lui,

Dans la félicité éternelle. Amen

Prière de saint Jean-Eudes (1601-1680)

 

La dernière prière est celle de saint Jean Eudes que d’aucuns considèrent comme le

plus bel hommage théologique et spirituel à saint Joseph.

 

Je vous salue, Joseph, image de Dieu le Père, père du Fils de Dieu, temple du Saint- Esprit, chéri de la Sainte Trinité, fidèle coadjuteur du gran Conseil, digne époux de la Vierge mère, père de tous les fidèles, gardien des vierges saintes, ami très fidèle de la pauvreté, modèle de patience et de douceur, miroir d’humilité et d’obéissance.

 

Que vos yeux qui ont vu ce que vous avez vu soient bénis, vous êtes béni entre tous les hommes ! Bénies soient vos oreilles qui entendirent ce que vous avez entendu ! Bénies soient vos mains qui ont touché le Verbe incarné ! Vos bras qui ont porté celui qui soutien tout ; votre poitrine sur laquelle le doux fils de Dieu s’est reposé ! Béni soit votre cœur enflammé d’un ardent amour. Et béni soit le Père qui vous a choisi, le Fils qui vous a aimé et le Saint-Esprit qui vous a sanctifié !

 

Et bénie soit aussi Marie, votre épouse, qui vous aima comme un époux et comme un frère ! Béni soit votre ange gardien ! Bénis soient éternellement ceux qui vous bénissent et vous aiment !

 

 

Notes :

  • Le texte des Antiennes et de l’Hymne a été aussi publié dans Cahiers de Joséphologie (Montréal) - Vol II, n° 1 et n°2).
  • La partie Ecoute musicale paraît sur ce site en deux fiches intitulées

-          Fiche MU06   Sor Juana Inès do la Cruz – Dieu et Joseph parient

-          Fiche MU07 -  Divers compositeurs, Polyphonies Corses et Chants Syriaques.

 

Photo : Médaillon de la Nativité – Basilique Notre-Dame à ARCACHON (33). Référence       FR011CFRDJ0024.jpg (1 méga ).  Copyright : Tranvouez-CFRDJ. Commande auprès de CFRDJ@aol.com ou perrier.albert@yahoo.fr au coût de 5 € à l’ordre de CFRDJ – Maison Saint-Joseph – 26400 ALLEX.

 

 

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